On Cloudboom Strike avis: La super shoe d’On qui mise tout sur le rebond

Verdict rapide

Difficile de ne pas la remarquer, cette On Cloudboom Strike. Légère – un peu plus de 200 g – et haute sur patte (39,5 mm au talon pour 4 mm de drop), elle respecte les limites World Athletics tout en donnant l’impression d’être… plus généreuse qu’annoncé. Sur route sèche, chaque foulée rebondit comme sur un trampoline miniaturisé. Les marathoniens qui aiment le confort et le dynamisme y trouveront leur compte. La mousse Helion HF, mariée à la plaque carbone Speedboard, envoie un retour d’énergie franc, presque joueur. Oui, elle adore les coureurs médio ou avant-pied. Mais si vous attaquez fort talon ou que la stabilité est votre priorité absolue, méfiance : la plateforme, un peu étroite au milieu, peut surprendre. Et le grip… disons qu’il préfère le sec à la pluie fine. Côté budget, comptez autour de 280 à 290 €. Bref : parfaite pour un marathon ou un semi roulants, moins à l’aise hors de ce terrain.

Ce qui la rend différente

On pourrait croire à une super shoe classique. Pas tout à fait. Ici, On a empilé un insert en Helion HF – le fameux “bounceboard” – juste au-dessus de la plaque carbone Speedboard. Résultat ? Une sensation de hauteur, comme si on flirtait avec les 40 mm, mais en restant dans la légalité. Ce bounceboard, c’est un peu comme un ressort discret : il amortit l’impact, puis restitue l’énergie au moment de la poussée. La technologie CloudTec ajoute sa touche : ces petits nuages sous la semelle se compriment à l’atterrissage, puis se relâchent pour donner du peps.

En marathon, cette combinaison joue les prolongations : moins de tension sur l’avant-pied au fil des kilomètres, transitions plus douces… même si le rocker (la bascule de la semelle) est plus timide que sur une Vaporfly. Du coup, la relance repose davantage sur vos muscles que sur la géométrie de la chaussure. On aime ou pas. Sur un parcours sec et rapide, elle se montre fluide et vive ; sur un 10 km appuyé ou un semi bien géré, on a presque cette impression de flotter. Pas dans le sens “mou”, plutôt dans celui d’un rebond qui vous accompagne… jusqu’à la ligne d’arrivée.

Fit, sizing et confort sur longue distance

Côté sizing, On a tendance à tailler un poil grand. Rien de dramatique, mais si vous êtes entre deux pointures, mieux vaut viser la plus petite. Le fit global est ajusté à l’avant-pied sans être oppressant, avec un volume suffisant pour éviter la sensation d’orteils coincés après deux heures de course. Le maintien du talon est correct… sauf si vous aimez sentir la chaussure “serrer” franchement à l’arrière. Dans ce cas, il faudra jouer avec le laçage ou envisager un lock-lacing pour éviter tout flottement.

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La tige, fine et respirante, épouse bien le pied mais ne filtre pas totalement les sensations : on sent le bitume, la texture de la route, presque les joints de dilatation quand on passe dessus. Les laces, eux, sont longs – un peu trop – ce qui oblige à doubler le nœud ou à coincer les boucles pour éviter qu’elles ne battent au vent.

Et puis il y a la version LightSpray LS. Plus légère (environ 169 g) grâce à un upper sans lacets, elle offre une sensation de liberté bluffante. Mais attention : le maintien latéral est plus permissif, presque trop pour les virages serrés ou les relances appuyées. À réserver à ceux qui privilégient la légèreté extrême à la tenue irréprochable.


Ride et performances selon le type de foulée

Avec ses 4 mm de drop, la Cloudboom Strike parle clairement aux coureurs médio ou avant-pied. La transition talon-médio est douce, mais pas “assistée” comme sur une Vaporfly : ici, c’est votre foulée qui pilote, pas la géométrie. Les forefoot strikers apprécieront cette sensation de rebond direct sous les métas, comme si l’énergie se stockait là avant d’être catapultée.

Le rocker est discret. Comprenez : pas cette bascule franche qui vous entraîne vers l’avant dès que le pied touche le sol. Résultat, la chaussure “s’ouvre” vraiment à partir d’un certain rythme – autour de l’allure semi pour beaucoup – et se montre plus neutre en footing. Sur un marathon, ça peut être un avantage : moins d’agressivité mécanique, donc moins de fatigue musculaire précoce.

Pour les talonneurs légers, ça reste jouable, surtout si vous êtes habitués aux drops bas. En revanche, si vous attaquez fort talon et comptez sur le rocker pour “vous pousser”, la Strike risque de vous demander plus de travail musculaire qu’espéré. Sur parcours plats et secs, elle déploie tout son potentiel ; en montée ou sur revêtements irréguliers, son étroitesse au médio-pied demande un peu plus de vigilance.

Adhérence, stabilité et durabilité

Sur le sec, rien à signaler : le grip est correct, la chaussure répond bien aux changements de direction modérés et garde de l’accroche sur asphalte lisse. Dès que la pluie s’invite, c’est une autre histoire. Sur bitume humide ou pavés mouillés, la confiance baisse d’un cran. Pas au point de glisser à chaque virage, mais suffisamment pour ajuster la trajectoire ou lever un peu le pied.

La plateforme médio-pied est plus étroite que sur certaines concurrentes. Ça donne un petit côté nerveux et précis… mais cela demande aussi plus d’équilibre, surtout quand la fatigue s’installe. En descente rapide, on sent que le pied a moins de marge latérale.

Côté durabilité, la mousse Helion HF garde son rebond après plusieurs dizaines de sorties, mais l’usure esthétique arrive vite : griffures, petites marques, zones de frottement visibles. L’épaisseur de caoutchouc sous la semelle est correcte, mais pas massive : on est sur un design de super shoe, pas une chaussure d’entraînement destinée à encaisser 1 000 km. En clair : elle vieillira bien en performance, moins en apparence.

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Les chiffres qui comptent

Pour les amoureux de données, voici ce qui ressort des mesures indépendantes. Poids annoncé autour de 210 g (taille 42,5), mais certaines paires passent même sous les 205 g sur la balance. Le stack officiel est de 39,5 mm au talon et 35,5 mm à l’avant, ce qui donne un drop théorique de 4 mm. Les mesures en labo confirment un stack légèrement inférieur (38,1 / 34,9 mm) et un drop mesuré autour de 3,2 mm, ce qui renforce encore cette sensation “bas drop” en course.

La rigidité est modérée pour une chaussure carbone : la plaque Speedboard joue son rôle sans rendre la chaussure “raide planche”. Quant au retour d’énergie, il dépasse les 70 %, ce qui place la Strike dans la cour des super shoes efficaces, mais avec une sensation de rebond plus douce que certaines concurrentes ultra-agressives.

En résumé ? Des chiffres qui valident son positionnement : légère, haute mais légale, dynamique sans excès de rigidité, pensée pour aller vite… et loin.


Comparaisons utiles

Difficile de ne pas la comparer à la Nike Vaporfly 3. La Vaporfly reste plus agressive, avec un rocker prononcé qui “pousse” vers l’avant dès le contact au sol. La Strike, elle, joue la carte du rebond amorti : moins de bascule automatique, plus de sensation de soutien, surtout en deuxième partie de course.

Face à la Nike Alphafly 3, le duel est plus marqué : l’Alphafly est volumineuse, puissante, mais exigeante sur le plan musculaire. La Strike est plus légère, plus directe, mais avec un amorti moins spectaculaire sur les longues portions de faux plat descendant.

Par rapport à l’Adidas Adios Pro 3/4, la Cloudboom Strike est plus tolérante. L’Adios Pro demande un engagement constant pour “activer” la plaque et ses Energy Rods, alors que la Strike restitue de l’énergie même à des allures légèrement en dessous de la cible.

L’Asics Metaspeed Sky Paris reste une chaussure pour ceux qui aiment la rigidité franche et un déroulé très orienté avant-pied. La Strike se situe dans un entre-deux, combinant confort et réactivité.

Enfin, la Hoka Rocket X 2 offre un fit plus généreux à l’avant-pied et un amorti un peu plus moelleux. La Strike, plus étroite, renvoie davantage d’énergie directe sous le pied, mais avec moins de tolérance sur les appuis hasardeux.

En résumé, elle s’adresse à ceux qui veulent un compromis : du rebond, mais sans se sentir “aspirés” par le rocker, et un confort suffisant pour tenir la distance.


Pour qui c’est idéal

Si vous visez un marathon en moins de 3 h, la Strike saura répondre présente, à condition d’avoir une foulée médio ou avant-pied. Vous profiterez pleinement de son rebond et de son faible drop pour maintenir une allure soutenue sans perte de dynamisme.

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Entre 3 h et 3 h 30, elle reste un bon choix si vous êtes à l’aise avec des chaussures réactives mais pas trop rigides. Les longues sorties à allure spécifique ne devraient pas vous fatiguer excessivement grâce à la mousse Helion HF.

Pour les talonneurs chroniques, le verdict est plus nuancé : la plateforme étroite au médio-pied et le rocker discret demandent plus d’effort musculaire pour en tirer le maximum. Si vous comptez sur la chaussure pour “vous pousser”, ce n’est pas son point fort.

En revanche, pour les coureurs en quête de stabilité maximale, d’un fit ferme et d’un déroulé prévisible, il existe des alternatives plus rassurantes. La Strike est faite pour ceux qui aiment sentir le sol, accepter un peu de vivacité latérale, et jouer avec l’élasticité du bounceboard.

En clair : choisissez selon votre foulée. Si votre technique et vos objectifs collent à son ADN, la Cloudboom Strike peut devenir un allié redoutable sur marathon et semi. Sinon, elle sera une belle curiosité… mais pas forcément la bonne partenaire.


Foire aux questions

Puis-je utiliser des orthèses ou semelles personnalisées dans la Strike ?
Oui, mais avec une nuance : l’insert Helion HF (“bounceboard”) est amovible. Cela laisse la place à vos orthotics, mais vous perdrez alors une partie de la sensation de rebond qui fait la spécificité du modèle. Il faut donc tester les deux options, avec et sans, pour voir ce qui vous convient le mieux.

Quelle est la différence avec l’Echo 3 ?
L’Echo 3 est plus ferme, plus orientée compétition pure, avec un rocker plus marqué. La Strike mise sur un amorti plus doux et un rebond moins agressif, ce qui la rend plus accessible sur marathon ou semi pour ceux qui veulent préserver un peu de confort musculaire.

Strike ou Cloudmonster Hyper pour les allures lentes ?
Si vous prévoyez beaucoup de footing tranquilles, la Cloudmonster Hyper vous offrira plus de moelleux et un déroulé plus souple. La Strike, elle, est conçue pour briller à des allures soutenues ; en dessous, elle reste correcte mais moins expressive.

Et sous la pluie ?
Sur route mouillée, l’adhérence est acceptable, mais pas au niveau des meilleures semelles. Les pavés ou bandes peintes peuvent devenir glissants, surtout en virage. Si vous courez souvent sous la pluie, mieux vaut prévoir un modèle au grip plus marqué pour vos entraînements humides.


Verdict final : faut-il les acheter ?

La On Cloudboom Strike occupe une place à part dans l’univers des super shoes : assez haute pour offrir un rebond généreux, mais assez douce pour tenir un marathon complet sans maltraiter les jambes. Elle n’impose pas sa foulée, elle accompagne la vôtre – à condition de rester dans son terrain de jeu : routes sèches, allures soutenues, attaque médio ou avant-pied.

Si votre objectif est clair, que votre technique colle à son profil et que vous aimez sentir chaque appui restituer de l’énergie, la Strike peut devenir une alliée précieuse. Sinon, elle restera une belle découverte… mais pas forcément la partenaire idéale.

Alors, posez-vous la question : votre foulée est-elle prête à rencontrer le bounceboard ?