Avis Hoka Cielo X1 2.0

La Hoka Cielo X1 avait marqué les esprits lors de sa sortie, séduisant par son amorti généreux et son dynamisme. Toutefois, certains choix comme son poids élevé et sa polyvalence en demi-teinte avaient suscité des réserves. Hoka a visiblement écouté les retours et revient avec une Cielo X1 2.0 profondément remaniée.

Dès le premier coup d’œil, impossible de la confondre avec son aînée. La nouvelle mouture adopte un look plus épuré et agressif, témoin d’une orientation performance clairement affirmée. Mais ce n’est pas qu’une question d’apparence. Hoka a retravaillé la semelle intermédiaire, la géométrie du rocker et l’ensemble du chaussant pour en faire une pure machine de course rapide sur route.

Faut-il y voir la nouvelle référence du marathon et des longues distances ? C’est ce que nous allons déterminer en analysant en détail ce modèle qui ne laisse personne indifférent. Nous verrons en quoi la Cielo X1 2.0 bouleverse la philosophie de sa devancière, quelles sensations elle procure et où se situent ses limites. Le tout en la comparant à ses principales concurrentes du moment. Prêts pour un tour de piste en sa compagnie ?

Un modèle résolument tourné vers la performance

Changement de philosophie par rapport à la v1

Exit la polyvalence, bonjour la spécialisation. Si la première Cielo X1 se voulait à l’aise sur une large gamme d’allures et de distances, ce nouveau modèle affirme sans détour sa vocation à aller vite, longtemps. Sur ce créneau spécifique des courses longue distance, la Cielo X1 2.0 ne transige pas, quitte à perdre en confort sur les allures tranquilles.

Ce changement de braquet est particulièrement visible au niveau du rocker. Son galbe se veut bien plus prononcé, avec une cassure nette au niveau des métatarses. La Cielo X1 2.0 favorise ainsi les appuis médio-pied et avant-pied, là où la v1 accommodait sans problème les attaques talon. Un choix clivant mais cohérent avec l’ADN de cette nouvelle version taillée pour la performance.

Des choix techniques au service de l’efficacité

Cette quête de rendement se traduit par une profonde refonte de la semelle intermédiaire. Sa ligne épurée est trompeuse. Sous sa surface, la mousse PEBA a été savamment sculptée pour offrir une course fluide et sans temps morts.

Principale innovation : l’apparition de profondes découpes latérales et médiales qui créent des zones de compression distinctes. But de la manœuvre : éliminer les zones de flexion parasites pour un déroulé plus direct et efficace. Couplées au méta-rocker agressif, elles procurent une propulsion vigoureuse à chaque foulée.

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Une tige épurée et confortable

Hoka ne s’est pas arrêté au sol et a également revu sa copie au niveau de la tige. Exit les renforts et artifices, place à un mesh minimaliste ultra aéré qui épouse le pied comme une seconde peau.

Un pari gagnant, la Cielo X1 2.0 offrant un chaussant à la fois précis et confortable, sans une once de pression superflue. Le serrage millimétrée et l’utilisateur type montera ajustement de précision.métatarsien son intègrent idéalement à l’ensemble pour un maintien ferme et personnalisable. La languette désormais en néoprène participe elle aussi à cette simplicité bienvenue. L’utilisateur type montera clairement en gamme par rapport à une v1 qui peinait à trouver le bon équilibre.

Des sensations de courses incomparables

La douceur du PEBA combinée au rebond du carbone

La magie de la Cielo X1 2.0 opère dès les premiers pas. Sa semelle généreuse (39 mm au talon pour 32 à l’avant-pied) en mousse PEBA renvoie une sensation de douceur inimitable. Un amorti moelleux qui pourrait virer au guimauve si Hoka n’y avait pas adjointe une plaque en carbone qui structure l’ensemble.

Ce mariage entre le moelleux du PEBA et la tonicité du carbone est l’ADN de cette chaussure. A chaque appui, la mousse absorbe les impacts tandis que la plaque restitue un maximum d’énergie, donnant cette foulée coulée si caractéristique. Rien de similaire avec la raideur et la sécheresse de certaines concurrentes bardées de carbone.

Le méta-rocker nouvelle génération

Mais cette Cielo X1 2.0 ne se contente pas d’être douce et dynamique. Sa conception tout entière est articulée autour de son méta-rocker, véritable clé de voûte de ce modèle. Sa ligne racée, fruit d’un savant jeu de découpes, guide le pied sans temps mort du milieu jusqu’aux orteils.

Il en résulte une transition d’une fluidité rare, qui donne l’impression de voler au-dessus du bitume. La foulée est comme portée vers l’avant, naturellement, sans forcer. Il suffit de chausser ce modèle et de se laisser embarquer par ce rouleau compresseur de performance. De quoi donner envie d’accélérer encore et encore.

Des appuis stables et sécurisants

Avec une telle débauche de technologie et cette hauteur de semelle impressionnante, on pourrait craindre pour la stabilité. Il n’en est rien. La Cielo X1 2.0 procure un sentiment de sécurité à toute épreuve, y compris quand le rythme s’accélère.

Cela tient d’abord à son accroche exceptionnelle. Sa semelle en caoutchouc mord la route avec aplomb, y compris par temps humide. Fini la glissade des jours de pluie. Le pied est fermement ancré, prêt à encaisser les kilomètres à haute intensité.

Ensuite, le chaussant moulant maintient le pied en place, évitant tout flottement malgré l’amorti ultra généreux. Une réussite quand on connait le défi de stabiliser une chaussure aussi volumineuse. La Cielo X1 2.0 y parvient sans recourir à des renforts rigides et inconfortables. Une prouesse.

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Les limites du concept

Pas la chaussure la plus polyvalente

Aussi enthousiasmante soit-elle, la Hoka Cielo X1 2.0 n’est pas exempte de défauts. Le premier d’entre eux est sans doute son manque de polyvalence. Conçue pour la performance sur longue distance, elle peine à convaincre à faible allure.

Son amorti si agréable à haute intensité devient inconfortable lors des phases de récupération ou de repos actif. La faute à cette géométrie radicale et ces profonds sillons qui rendent la foulée hachée et instable lorsqu’on relâche la cadence. Oubliez les sorties tranquilles ou les footings de reprise, la Cielo X1 2.0 n’est clairement pas taillée pour ça.

De même, ce modèle nécessite un certain temps d’adaptation. Son caractère spécifique ne se livre pas d’emblée et il faudra quelques sorties pour en exploiter pleinement le potentiel. Un investissement que les coureurs pressés ou peu assidus pourraient ne pas consentir.

Une stabilité toute relative

Autre bémol, la stabilité n’est pas son fort. Certes, la Cielo X1 2.0 assure de bons appuis à haute vélocité. Mais dès que le rythme faiblit ou sur les portions techniques, les profonds sillons de la semelle deviennent des pièges à foulée.

Les coureurs qui pronent risquent notamment d’être perturbés par ces zones creuses qui accentuent le déséquilibre latéral. Même constat pour les gabarits lourds qui pourraient ressentir un effet bascule préjudiciable. La faute à ce méta-rocker agressif et cette semelle coupée en deux qui peine à stabiliser les appuis.

Sans être rédhibitoires, ces défauts cantonnent la Cielo X1 2.0 à un usage spécifique et un profil de coureur bien défini. Les adeptes d’une chaussure passe-partout apte à avaler tous types de sortie seront déçus.

Un tarif élitiste

Enfin, difficile de passer sous silence son prix de vente prohibitif. Avec un tarif public fixé à 200€, la Hoka Cielo X1 2.0 se place d’emblée dans le haut du panier des chaussures de compétition. Un positionnement élitiste qui se justifie par la technologie embarquée mais qui fait grincer des dents.

D’autant que certaines concurrentes offrent des prestations proches, voire supérieures, pour moins cher. C’est notamment le cas de la dernière Asics Metaspeed Sky+ ou de la très polyvalente NB RC Elite v2. Face à ces modèles au rapport qualité/prix plus équilibré, la Cielo peine à justifier son addition.

Comparaison aux principales concurrentes

Hoka Cielo X1 2.0 vs Nike Vaporfly Next% 2

Impossible d’évoquer la Hoka Cielo X1 2.0 sans la comparer à la reine du marathon, la Nike Vaporfly Next% 2. Ces deux modèles se disputent actuellement la couronne sur la distance reine et offrent des caractéristiques très proches.

Au jeu des différences, la Vaporfly se montre plus réactive avec sa mousse ZoomX ultra légère et sa plaque carbone plus rigide. Sa hauteur de semelle contenue (40mm au talon) et son drop important (8mm) en font une chaussure vive, idéale pour les coureurs attaquant du talon.

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En face, la Cielo X1 2.0 mise sur le confort avec son généreux amorti PEBA et sa tige plus enveloppante. Son énorme semelle (39mm à l’avant pour 48mm au talon) et son faible drop (5mm) la destinent aux adeptes de la foulée médio-pied. Elle sera aussi plus à l’aise sur les parcours vallonnés grâce à son surplus de protection.

Hoka Cielo X1 2.0 vs NB RC Elite v2

Dans un registre plus polyvalent, la NB RC Elite v2 fait figure de sérieuse alternative. Certes moins radicale que la Cielo, elle séduit par sa stabilité et sa capacité à encaisser les longs entraînements comme les compétitions.

Sa hauteur modérée (32mm à l’avant, 37mm au talon), son amorti équilibré en mousse FuelCell et sa large assise en font un modèle facile et accessible. Là où la Cielo mise sur les sensations de course, la RC Elite v2 offre du rendement sans effort.

Elle conviendra aux coureurs en quête d’une chaussure rapide mais capable d’avaler les sorties variées. Son empeigne souple et son amorti généreux la rendent plus agréable au quotidien, contrairement à la Cielo, trop rigide à basse vitesse. Seul bémol, son absence de plaque carbone qui bride son dynamisme.

Hoka Cielo X1 2.0 vs Asics Metaspeed Sky+

Enfin, les amateurs de foulée dynamique et d’attaque avant-pied pourront lui préférer l’excellente Asics Metaspeed Sky+. Cette fusée nippone mise elle aussi sur une mousse de dernière génération, la FF Blast Turbo, pour un amorti ultra léger et tonique.

Son secret réside dans sa plaque carbone avant à effet tremplin qui catapulte la foulée vers l’avant. Un effet booster spectaculaire qui en fait la chaussure de sprint ultime, capable de changements de rythme dévastateurs. Un profil plus typé que la Cielo et sa foulée coulée, plus adaptée aux allures régulières élevées.

Seul regret, l’empeigne très fine et peu structurée de la Sky+ peine à sécuriser le pied lors des longues sorties. Elle souffre aussi d’un amorti limité au talon qui la réserve aux attaques médio-pieds. Des reproches que l’on ne fera pas à la Cielo X1 2.0, bien plus accueillante.

Avis Hoka Cielo X1 2.0

Hoka frappe un grand coup avec cette Cielo X1 2.0 qui repousse les limites de la chaussure de compétition longue distance. Par son amorti somptueux, son dynamisme et son approche radicale de la foulée, elle offre des sensations de course uniques. Un modèle taillé pour avaler les kilomètres à haute vitesse sans s’user.

Cette nouvelle itération gomme la majorité des défauts de la première version et s’impose comme la meilleure chaussure carbone de la marque. Un accomplissement qui prouve qu’une construction typée trails peut s’adapter à une utilisation routière des plus rapides.

Certes, son prix prohibitif et sa philosophie sans compromis lui ferment les portes du grand public. N’espérez pas en faire une chaussure du quotidien ou même votre paire pour préparer un premier marathon. Elle s’adresse avant tout aux coureurs confirmés, légers et adeptes d’une foulée médio-pied dynamique.

Mais pour ce profil spécifique, elle constitue une arme redoutable pour améliorer ses chronos et repousser ses limites. Un outil d’exception qui récompense la prise de risque des équipes de développement Hoka. De quoi bomber le torse face aux ténors de la discipline.